Autostoppeuses belges disparues en 1984 : le cold case belge oublié | Histoires Inexpliquées
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Autostoppeuses belges disparues en 1984 : l’affaire Cordonnier-Bruyère

Deux cousines de Liège, un panneau « Aix-les-Bains », et plus de quarante ans de silence

📅 Août 1984 — Aix-les-Bains, France 🇧🇪 Victimes belges ⚖️ Affaire rouverte en 2026 ❌ Corps jamais retrouvés

Autostoppeuses belges 1984 : L’affaire des autostoppeuses belges disparues en 1984 est l’un des cold cases les plus troublants impliquant des ressortissantes belges à l’étranger. Deux jeunes cousines liégeoises de 22 ans quittent Mâcon un soir d’août, pancarte en main. Elles ne rentreront jamais. Quarante-deux ans plus tard, l’enquête vient d’être relancée.

« Elles avaient promis de téléphoner deux fois par semaine. Elles ont téléphoné une première fois en arrivant à Mâcon, à la gare, et nous attendons toujours le deuxième coup de téléphone. »
— Michel Bruyère, père de Françoise

📋 Fiche de l’affaire

Victimes Marie-Agnès Cordonnier
Françoise Bruyère
Âge au moment des faits 22 ans chacune
Origine Province de Liège (Belgique)
Trooz & Werbomont
Date de disparition 22–23 août 1984
Dernier lieu connu Bar, rue Davat — Aix-les-Bains
Corps retrouvés ❌ Jamais
Suspect principal Serge Coquerelle (décédé 2020)
Statut actuel 🔴 Rouvert — PCSNE Nanterre (2026)

👧Autostoppeuses belges 1984 : Les victimes : deux cousines inséparables

Autostoppeuses belges 1984 : En cet été 1984, Marie-Agnès Cordonnier et Françoise Bruyère sont deux jeunes femmes de 22 ans, cousines et inséparables, originaires de la province de Liège. L’une, Marie-Agnès, est étudiante en droit ; l’autre, Françoise, vient de débuter sa carrière de kinésithérapeute. Elles partagent le goût du voyage et l’aventure de l’autostop, pratique courante et économique à l’époque.

Le 20 août 1984, elles quittent la Belgique en train, direction la Saône-et-Loire, pour rendre visite à une famille de viticulteurs de Mâcon qu’elles avaient rencontrée lors des vendanges l’année précédente. Rien dans ce départ banal ne laisse présager qu’elles ne rentreront jamais.

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🗓️Autostoppeuses belges 1984 : Chronologie des faits

  • 20 août 1984 Marie-Agnès et Françoise arrivent en train à Mâcon depuis la Belgique. Elles séjournent chez leur famille d’accueil, dans la région viticole.
  • 22 août 1984 Autostoppeuses belges 1984 : Les deux cousines décident de partir en stop vers Aix-les-Bains. Une dernière photographie les immortalise, souriantes, tenant leur panneau de carton indiquant leur destination. C’est la dernière image connue d’elles. Leurs familles reçoivent un appel téléphonique depuis Mâcon.
  • 23 août 1984 Des témoins les aperçoivent en soirée dans un bar de la rue Davat, à Aix-les-Bains. Elles sont accompagnées d’un homme inconnu. C’est leur dernière trace. Après cette soirée : silence total. Pas d’appel, pas de carte postale, aucun retrait d’argent.
  • Fin août 1984 Les familles, sans nouvelles, donnent l’alerte. Battues et recherches sont organisées dans la région. Des dizaines de témoignages affluent, mais aucun ne mène à une piste concrète. Les corps restent introuvables.
  • 1993 La police judiciaire de Chambéry reprend l’enquête depuis le début. Le capitaine Jean-Yves Michellier et son collègue Patrick Manniez recontactent les témoins. Trois conducteurs, qui n’avaient pas suivi l’affaire à l’époque, se souviennent les avoir prises en charge. Sept témoignages concordants établissent qu’elles ont été vues avec un homme le soir du 23 août.
  • 1993–1996 Un suspect est identifié : Serge Coquerelle, 28 ans au moment des faits, déjà connu pour des antécédents de violences graves. La Jeep qu’il avait empruntée ce soir-là est retrouvée accidentée et nettoyée à l’acide. Il est arrêté et mis en examen, mais libéré dix jours plus tard, faute de preuves suffisantes.
  • 1996 Un non-lieu est prononcé dans des conditions que les enquêteurs qualifient eux-mêmes d’« inexplicables ». Le dossier s’enlise. Il sera révélé plus tard que Serge Coquerelle est le neveu de la chanteuse Isabelle Aubret, qui lui avait fourni un éminent avocat parisien.
  • 2020 Serge Coquerelle décède à l’âge de 65 ans. Il n’aura jamais été condamné, ni même rejugé. Il emporte ses secrets dans la tombe.
  • Fév. 2026 Le Pôle des Crimes Sériels et Non Élucidés (PCSNE) de Nanterre est officiellement saisi du dossier. Des fouilles et de nouvelles auditions sont envisagées.
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🕵️Autostoppeuses belges 1984 : Le suspect : Serge Coquerelle

Sept témoignages concordants placent Serge Coquerelle au côté des deux jeunes femmes dans un bar d’Aix-les-Bains le soir du 23 août 1984. Son profil alarme immédiatement les enquêteurs : son casier judiciaire fait état d’antécédents de violences graves, et il correspond au signalement de l’homme décrit par les témoins.

Mais c’est surtout un détail matériel qui renforce les soupçons : la Jeep de son ami Roger B., qu’il avait empruntée ce soir-là, est retrouvée accidentée et présentant des traces suggérant un nettoyage à l’acide. Un élément troublant, qui ne suffira pourtant pas à le maintenir en détention.

« Cette affaire, c’est un regret, c’est un échec pour moi. J’y pense encore très souvent. J’aurais tant voulu apporter la vérité aux familles pour qu’elles puissent faire leur deuil. » — Capitaine Jean-Yves Michellier, dernier enquêteur en charge du dossier

L’élément le plus perturbant de l’affaire n’est pas l’absence de suspect — c’est la libération inexpliquée d’un suspect solide. Il sera révélé des années plus tard que Serge Coquerelle était le neveu de la célèbre chanteuse française Isabelle Aubret. Celle-ci, âgée de 87 ans au moment des révélations, a confirmé avoir aidé son neveu à l’époque, pensant qu’il s’agissait d’« une histoire de bagarre entre jeunes ».

Coquerelle décède en 2020 à 65 ans sans jamais avoir été inquiété une seconde fois. La vérité, si elle existe encore quelque part, ne peut plus venir de lui.

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🗺️Un contexte plus sombre : le Triangle de la peur

L’affaire des autostoppeuses belges ne s’inscrit pas dans le vide. Entre 1984 et 2005, au moins onze jeunes femmes âgées de 13 à 23 ans ont disparu ou ont été retrouvées mortes dans un rayon de 200 kilomètres le long de l’autoroute A6, dans la zone délimitée par Mâcon, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines — surnommée par la presse le « Triangle de la peur ».

Parmi elles, Sylvie Aubert, 22 ans, disparue en novembre 1986, retrouvée étranglée les poignets liés par du fil de fer. Ou encore Christelle Maillery, disparue en décembre de la même année. Un tueur en série ? Plusieurs ? Des coïncidences géographiques ? La justice n’a jamais tranché.

Des enquêteurs ont voulu vérifier si Marie-Agnès et Françoise auraient pu être victimes du même auteur que Christelle Blétry, tuée de plus de cent coups de couteau en Saône-et-Loire. Les similitudes géographiques sont frappantes, mais aucun lien formel n’a pu être établi.

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🔴 Rebondissement — Février 2026

Quarante-deux ans après les faits, l’affaire connaît un tournant majeur. Le Pôle des Crimes Sériels et Non Élucidés (PCSNE) de Nanterre a officiellement repris le dossier. Il s’agit du plus vieux cold case concernant des touristes belges disparues à l’étranger jamais confié à cette structure. Des fouilles sous une dalle, dans un lieu précis identifié dans le dossier, sont envisagées. Des personnes encore en vie pourraient être réinterrogées. Pour les familles, qui attendent depuis plus de quatre décennies, c’est peut-être l’ultime chance d’obtenir une réponse.

Les hypothèses retenues

Les magistrats du pôle cold cases travaillent actuellement sur deux pistes principales :

1. Le double homicide prémédité. Serge Coquerelle aurait délibérément ciblé les deux jeunes femmes, les attirant dans le bar avant de les conduire vers un endroit isolé. La Jeep nettoyée à l’acide et l’absence totale de corps plaident pour une élimination organisée des preuves.

2. L’accident suivi d’un camouflage. Un drame accidentel — accident de voiture, chute, malaise — aurait été dissimulé par un ou plusieurs individus paniqués, expliquant l’absence de corps et le nettoyage du véhicule.

Dans les deux cas, les enquêteurs sont convaincus que des personnes encore vivantes savent ce qui s’est passé cette nuit du 23 août 1984.

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📌Ce que cette affaire nous dit

L’affaire des autostoppeuses belges est bien plus qu’un cold case parmi d’autres. Elle pose une question dérangeante sur le fonctionnement de la justice : comment un suspect identifié par sept témoins, dont le véhicule portait des traces de nettoyage à l’acide, a-t-il pu bénéficier d’un non-lieu aussi silencieux ? L’influence d’une célébrité a-t-elle pesé sur le cours de la justice ? Ces questions restent ouvertes.

Pour Michel Bruyère, le père de Françoise, et pour les proches de Marie-Agnès Cordonnier, quarante-deux ans se sont écoulés sans réponse, sans corps, sans deuil possible. Le deuxième coup de téléphone, celui qu’attendaient les familles depuis l’été 1984, n’est jamais venu.

« Je pense qu’on avait la solution. » — Capitaine Jean-Yves Michellier, à la retraite, en 2022

L’enquête rouverte en 2026 est peut-être la dernière chance d’entendre ce que la justice et le temps ont jusqu’ici refusé de révéler.

Sources

  • Paris Match Belgique, février 2026
  • Le Vif / L’Express, février 2026
  • La Libre Belgique, février 2026
  • RTBF, septembre 2014
  • Savoie Pour Tous, mai 2022
  • Wikipédia — Disparues de l’A6
  • RTL France — L’Heure du Crime, octobre 2025
Michael - Auteur Histoires Inexpliquées
Michael

Passionné par les phénomènes et les grandes affaires inexpliquées depuis plus de 20 ans, Michael consacre une partie importante de son temps à la recherche documentaire, à l’analyse critique des sources et à l’étude des dossiers qui suscitent interrogations et débats.

Il est également à l’origine du site Ghosthunter.be, consacré à l’exploration du paranormal et aux témoignages. Avec Histoires Inexpliquées, il élargit son approche vers les enquêtes historiques, les affaires non résolues et les mystères contemporains, dans une démarche plus analytique et documentaire.

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